Category Archives: Memories

Vous souhaitez approfondir vos connaissances en Memory Studies?

Copyright Cegesoma, Image 216114, Photo de la Confédération nationale des Prisonniers politiques et ayants droits de Belgique (CNPPA)

Copyright Cegesoma, Image 216114, Photo de la Confédération nationale des Prisonniers politiques et ayants droits de Belgique (CNPPA)

Le Centre de recherches sur les Imaginaires (CRI) de l’UCL et le groupe de recherches MEMEX WWI de Belspo organisent un séminaire de recherche interdisciplinaire sur les concepts utiles aux Memory Studies. Ce séminaire devrait déboucher sur une publication du type « Dictionnaire des concepts ».

Une approche interdisciplinaire de la mémoire
Depuis une vingtaine d’années, la « mémoire » fait l’objet d’une littérature pléthorique, mais qui ne croise pas encore assez les apports des différentes disciplines et qui ne se penche peut-être pas suffisamment sur les concepts mis en œuvre. Un tel croisement permettrait des apports novateurs au plan de la recherche.

Un séminaire de recherche qui réunit les chercheurs belges
Nous souhaitons réunir tous les chercheurs belges intéressés par les questions mémorielles, dans une approche résolument interdisciplinaire. L’objet de ce courrier est de susciter votre intérêt et d’établir une liste de personnes désireuses de participer à un séminaire en septembre 2015.

Le séminaire sera trilingue (anglais-français-néerlandais). Il ne requiert en aucune façon une connaissance active des trois langues, mais au minimum une connaissance passive (compréhension orale).

Déroulement des séances
Lors d’une première séance, les chercheurs présenteraient en quelques minutes leur sujet de recherche et les concepts qui leurs sont utiles (représentations sociales, communautés de deuils, transmission, commémorations, mémoire culturelle vs. mémoire communicative, etc.). Une liste de concepts/domaines d’intérêts pourrait ainsi être établie.

Nous pourrions alors mettre en place des petits groupes interdisciplinaires qui approfondiraient un concept particulier et le présenteraient à l’ensemble du groupe pour en discuter.

Dans un troisième temps, nous ferions appel à des invités extérieurs pour approfondir le cadre théorique de certains concepts de même que réfléchir à leurs prolongements pratiques. Dans un quatrième temps, chaque analyse de concept bénéficierait des discussions et apports extérieurs.

Finalement, nous pourrions songer à une publication utile à tous.

Comment s’inscrire?
Inscrivez-vous en écrivant en e-mail à Laurence van Ypersele (laurence [dot] vanypersele [at] uclouvain [dot] be)  et à Geneviève Warland (genevieve [dot] warland [at] uclouvain [dot] be) avant le 10 juillet 2015.

Nous vous enverrons ensuite un Doodle qui permettra de fixer les dates de nos premières réunions.

Les commémorations du centenaire de la Grande Guerre en Belgique: l’Allemagne et l’éthique reconstructive

«Mon pays a toujours honte », titrait La Libre Belgique dans un entretien avec l’Ambassadeur d’Allemagne auprès du Royaume de Belgique, Eckart Cuntz. La honte et les regrets sont les sentiments exprimés dans les discours des représentants officiels de la République fédérale d’Allemagne lors des commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale en Belgique.

La première chronique du laboratoire mémoriel Belgique-België, publiée dans la revue Témoigner, est consacrée à la manière dont l’Allemagne contribue aux commémorations de la Grande Guerre en Belgique et à l’écho que les médias belges donnent à la participation des anciens belligérants aux manifestations officielles.

Ce choix s’inscrit logiquement dans la prolifération mémorielle actuelle autour de la Grande Guerre. Nous souhaitons mettre en évidence que, malgré la (sur)abondance actuelle de manifestations mémorielles, certaines questions pourtant centrales semblent passer inaperçues. Ainsi ce laboratoire mémoriel se veut être un lieu où ces questions peuvent émerger.

Vous pouvez lire cette chronique, rédigée par Geneviève Warland, Laurence van Ypersele et Valérie Rosoux, ici.

De herdenking van WO1 in België: Duitsland en de reconstructieve ethiek

“Mijn land is nog steeds diep beschaamd”, kopte La Libre Belgique boven een interview met de Duitse ambassadeur in België, Eckart Cuntz. Schaamte en spijt weerklinken in de toespraken van de officiële vertegenwoordigers van Duitsland tijdens herdenkingsplechtigheden voor de
Eerste Wereldoorlog in België.

In het eerste herinneringslabo ‘België-Belgique’ dat recent verscheen in het tijdschrift Getuigen, schreven Geneviève Warland, Laurence van Ypersele en Valérie Rosoux samen een artikel over de bijdrage van Duitsland aan de herdenking van de Eerste Wereldoorlog in België, maar ook over de aandacht die de Belgische media schenken aan de aanwezigheid van Duitse vertegenwoordigers tijdens officiële plechtigheden.

Het is niet onlogisch dat het eerste herinneringslabo inspeelt op de actualiteit, en dan meer bepaald die van de Grote Oorlog. Ondanks de vele evenementen die vandaag plaatsvinden, stellen we immers vast dat een aantal essentiële kwesties onderbelicht blijven. Het herinne-ringslabo wil een plek zijn waar die vragen behandeld kunnen worden.

U kunt het artikel hier lezen.

Vivre l’occupation sur le front Ouest

France et Belgique, Téophile Steinlen 1915, Copyright Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10510679j

France et Belgique, Téophile Steinlen 1915, Copyright Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10510679j

Le 13 février 2015, l’Institut de Recherches Historiques du Septentrion, Université de Lille 3, organise une journée d’étude “Vivre l’occupation sur le front Ouest pendant la Première Guerre mondiale”. Voici le programme

Labo mémoriel Belgique-België

Dans le prochain numéro de la revue Témoigner entre histoire et mémoire, une équipe de cinq chercheurs flamands et francophones (Marnix Beyen, Elke Brems, Olivier Luminet, Laurence van Ypersele et Geneviève Warland) assureront la rédaction et la coordination d’une rubrique “Labo mémoriel Belgique-België”.

Cette rubrique abordera les questions mémorielles touchant à la Belgique par des contributions interdisciplinaires de chercheurs belges et étrangers. Interviews, comptes-rendus de recherches, de livres, annonces de spectacles et d’expositions, dialogues et débats ponctueront ces pages.

Il s’agit de suivre de près l’actualité, notamment celle des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui a eu un impact mémoriel important sur les identités nationales et régionales belges.

Représenter la guerre en 2014. À propos de deux expositions

Les expositions Oorlog en trauma, en particulier la partie consacrée à la psychiatrie au Musée Dr. Guislain de Gand : Des soldats et des psychiatres, 1914-2014 (1/11/2013-30/06/2014) et Ravage. Art et culture en temps de conflit  au Musée M de Leuven (20/03/2014-01/09/2014) se démarquent de la plupart de celles qui sont organisées ailleurs en Belgique et à l’étranger en cette année du Centenaire de la Grande Guerre. En effet, si 14-18 est le point de départ de chacune, elles ne s’y limitent pas.

 

Des soldats et des psychiatres, 1914-2014

La première, qui porte sur les conséquences psychologiques de la guerre, évoque, via la création artistique, les troubles liées à la Première Guerre mondiale : le shell shock ou obusite, les maux de ceux dont le corps a été mutilé, l’effroi face à l’ampleur des destructions et blessures.

Elle se penche également sur d’autres traumatismes issus de plusieurs conflits (l’intervention américaine en Irak, les guerres en Afrique, …) touchant les soldats, mais aussi la population civile. Ce qui est ainsi mis en évidence est la reconnaissance progressive du syndrome de stress post-traumatique engendré par la violence de la guerre au cours du 20e siècle.

 

Ravage. Art et culture en temps de conflit

La seconde exposition, qui a comme point de départ la destruction de la ville de Louvain et singulièrement l’incendie de la bibliothèque universitaire, est centrée sur la destruction des villes et de la culture par l’ennemi. C’est ici la dimension symbolique et identitaire de la culture comme cible d’un conflit qui offre le fil thématique.

Le parcours rassemblant des œuvres artistiques du 15e au 21e siècle évoque la destruction de Bruxelles par les troupes de Louis XIV, celle de Beyrouth lors de la guerre du Liban, mais aussi les incendies de Sodome et de Troie. Il rappelle également le vandalisme lors de la Révolution française, le pillage d’œuvres d’art et leur destruction comme dans le mouvement iconoclaste au 16e siècle.

La propagande contre l’ennemi est encore un des thèmes abordés par l’exposition à l’aide de créations contemporaines la mettant en abyme à des époques différentes ainsi que par les cartes postales réalisées pendant la Première Guerre mondiale ridiculisant l’ennemi ou magnifiant ses propres succès. Bref, un parcours fort riche et diversifié au moyen de l’art, lequel permet de sublimer en quelque sorte la guerre.

Un élargissement temporel, spatial et thématique

La question que je pose ici porte sur la volonté des organisateurs d’écarter un point de vue limité à la Première Guerre. Que penser de l’élargissement temporel, spatial et thématique ainsi donné à l’étude d’un aspect de la guerre : les traumatismes, d’un côté ; les destructions culturelles et patrimoniales, de l’autre ? Une double réponse me semble s’esquisser.

D’abord, ce type d’approche ramène l’humain au cœur du processus : dans le premier cas, par la représentation artistique des souffrances et blessures subies, lesquelles varient selon les armes utilisées, les formes et l’intensité des conflits ; dans le second, par le recours à une diversité de formes de création (dessins, gravures, tableaux, sculptures, photos, vidéos, installations, …) destinées à saisir la violence destructrice d’un conflit. Au-delà de la dimension historique, c’est la dimension philosophique (au sens anthropologique) de la guerre et de ses effets qui est ramenée au centre des préoccupations.

Ensuite, ces deux expositions recourent à l’expression artistique pour analyser une thématique historique. Les œuvres exposées sont souvent contemporaines des conflits, mais nombre d’entre elles leur sont postérieures, parfois à plusieurs siècles d’écart, comme pour les tableaux du 17e siècle représentant les destructions des villes dans l’Antiquité. Ce faisant, c’est l’art qui apparaît comme le moyen par excellence mettant en évidence la dimension universelle du tragique dans l’humanité que sont les guerres et leurs conséquences.

Des expositions davantage artistiques qu’historiques

Voilà donc deux expositions que l’on pourrait qualifier, à première vue, d’historiques étant donné le contexte des commémorations de la Première Guerre mondiale dans lequel elles s’inscrivent et leur fil conducteur au plan thématique. En réalité, elles se révèlent être davantage des expositions artistiques sur la guerre et ses impacts. Dès lors, le medium occupe une place aussi importante, si pas plus, que le thème représenté.

Et là se pose la question de l’éclectisme au niveau temporel, au niveau spatial, au niveau des styles, surtout dans le cas de Ravage, dont l’ampleur donne presque le tournis. Si la perspective de décloisonnement temporel et spatial est essentielle – car elle permet d’éviter les écueils du « présentisme » et de l’eurocentrisme –, elle engendre, à mon sens, un certain trouble, surtout face à la profusion d’œuvres disparates et au manque de liens solidement construits: que dire de la présentation, dans une même salle, de l’iconoclasme principalement à Anvers au 16e siècle et de la destruction des monuments au Congo belge après l’indépendance ? On se sent quelque peu lost in (non-) translation….

Si ces deux expositions ouvrent des horizons nouveaux et intéressants du point de vue du traitement de thématiques historiques, celle du musée Dr. Guislain m’est finalement apparue plus forte quant au ressenti et à la réflexion engendrée par la visite. Une unité de thème un peu plus resserrée n’y est pas étrangère. Less is more.

Geneviève Warland (UCL)